Apres avoir pêché a Sin City (rappelez vous: Vegas Show), les Fricains (le nom de scene de Boris et moi dans chaque nouvelle ville américaine découverte) sont partis sur les traces du King. Direction Memphis.
Avant de vous plonger dans le récit de nos aventures, priere de lancer notre nouvel hymne en fond sonore:
Walking in Memphis
[Notes de lecture: tous les liens dans le texte vous pointent soit vers des photos soit surtout vers des chansons, car a Memphis la musique est partout: y ont vécu, le King bien sur, mais aussi Jerry Lee Lewis, Muddy Waters, Johnny Cash, Al Greene, et tant d'autres...)
Vous etes prets? Alors c’est parti. Rassurez vous ca n’a pas été long de retrouver les traces d’Elvis…
Chapitre 1: Elvis

Plus qu’une icone, plus qu’une idole, Elvis c’est Memphis et surtout Memphis c’est Elvis. Impossible d’ignorer que le King a vecu et est mort a Memphis. Le Saint patron de la ville est partout, sa voix de velours est diffusée en continu dans la rue, des stickers par ci, des posters par la, 3 magasins sur 4 ont un nom qui y fait reference, des Elvis BBQ Ribs au menu.., Plus qu’un King, GOD himself. Nous on était a fond dans le theme puisqu’on logeait au Heartbreak Hotel, en face de Graceland, sa maison.
Evidemment le pélerinage obligatoire pour tout visiteur c’est Graceland. Elle est a Elvis ce que Neverland est a Bambi. La propriete d’Elvis, dans son jus. Rien n’a bougé depuis qu’il est mort. Le « musée » est ludique mais Zero instructif. Ils doivent considerer que les visiteurs sont des fans et connaissent déjà tout de sa vie. Si l’echantillon qui a fait la visite avec nous est representatif, ils ont raison. C’était marrant de voir les fans prendre 15,000 photos et etre emus aux larmes par une chaussette ayant été portee par le King le 18 mars 1956.
Coté joujou, Elvis avait quand meme 2 jets prives (et pas des ULM), environs 2,500 voitures de luxe…et le musee en fait des tonnes sur sa generosite parce qu’il distribuait des 1,000 $ a des œuvres caritatives.
Nos Fricains seront-ils les princes de cette ville ? Notre nouveau look le laisserait supposer…

Chapitre 2 : meet Mister Nate.
Mister Nate est barman d’un petit bar interdit ET hanté a l’etage d’un bouiboui sudiste aux murs decrepits. Son accent est bien entendu a couper au couteau. On ne comprend pas un mot de ce qu’il dit. Voici Mister Nate:

Nous avons obtenu notre passe droit pour acceder a ce bar secret par le directeur des operations de l’equipe NBA de Memphis, qui nous a demandé au passage de saluer Nate. Rencontre du dit directeur alors que nous nous etions retrouvés -perdus- dans le hall of fame de l’equipe des grizzlies en essayant de sortir du stade apres leur defaite contre les New Orleans.Bref improbable.
Mais pas plus que les clients de Mister Nate. Le soir de notre passage nous avons eu la chance de rencontrer un bon gars du Wisconsin dont le passe-temps favori est le “ice Fishing” (peche dans un lac glacé donc…). Passe temps tellement favori que c’est pendant une partie de Ice Fishing qu’il a demandé sa femme en mariage.
Femme presente au bar, et amoureusement nous fait defiler les photos de peche de son mari, le cul posé sur un siege pliable sur le lac glacé par -10.
Femme aimante, qui surtout s’enthousiasme pour la derniere passion de son mari: la chasse a l’Ours Brun. Monsieur a obtenu son permis recemment apres des années d’attente. Et ni une ni deux enfile son treillis, part en foret, creuse un trou profond, le remplit de mets delicieux (soda, donuts, oui oui l’ours brun adoooore les donuts, mais non pas de miel c’est illegal) et attend l’arrivée d’un ours brun de 300 kilos pour le shooter. N’oublie pas de se faire un peu popo dessus de peur. Surtout quand en repartant en tirant son ours brun derriere lui il apercoit un autre ours brun (la femme?) perché dans un arbre. Il s’en sort sain et sauf, et son salon est desormais decoré d’une magnifique peau d’ours.
Malheureusement pour lui bobonne est contre la peau de bete sur le lit. La tete et les dents d’Ours lui font peur.
Ah j’allais oublier: voici la mimine de notre ami Mister Nate dans son bar hanté. Depuis la prise de ce cliché en 2008 les fenetres ont été cassées -surement par les fantomes- et couvertes de plastique. Ca caille. Les murs du reste du bar et des pieces d’a coté sont bien bien plus defoncés…
Et voici des photos prises de l’iphone de madame montrant son heros apres avoir terrassé son ours (photos prises de mon iphone vers un iphone expliquant la mauvaise qualité du cliché sans flash en plus, mais ca devrait vous donner une bonne idée, notamment la main ensanglantée de monsieur…)


Chapitre 3 : Memphis la deprime
On voulait voir « l’autre Amerique ». On l’a vu. De pres. Memphis Tennessee c’est un peu le Pas de Calais mais sans la splendeur d’antant (si si il y a eu des beaux jours dans le 6-2). Tout est vieux, sale (meme la riviere), decrepit. C’est comme si la ville portait toujours le deuil de la mort du King. On ne compte plus les magasins fermés, les maisons brulées, les usines désaffectées, les clodos/crados/drogués dans les rues… Impressionnant. A ne pas mettre entre toutes les mains. C’est une ville punk. No future. Les seules animations qu’on ait recensees sont : le strip club local parking plein a craquer le samedi a 13h et les guns shows (2 par mois si on en croit les affiches).
L’image romanticos vehiculee par les nombreuses chansons sur Memphis souffre quand on s’y deplace. Top 10 des villes les plus pauvres, top 5 des plus violentes. Pas de classement mais clairement haute coté racisme: population a 65% afro américaine (lire: noire, revenu median par couple < $15,000) contre 25% de caucasiens (lire: blancs, revenu median $100,000). Autant dire qu’ils ne partiraient pas en vacance ensemble.
Illustration des tensions ambiantes a la sortie d’une soirée vers 3h du matin: sur le trottoir d’en face une bande de jeunes blacks. Sur le coup on ne sait pas trop s’ils sont excites heureux ou excites agressifs. Pour le mec a cote de nous ca ne fait aucun doute. Quand il voit ca: ”Oh fuck, I’m in the mood for fight. Too bad I left my guns at home”. Precision: le mec etait serieux. Il regrettait vraiment de ne pas avoir son gun. D’ailleurs 1 minutes plus tard le meme : “Fuck they are preparing an ambush” et boum ca ne manque pas, la baggare commence. Coté Fricains, il est temps de rentrer au heatbreak hotel
Du cote des Fricains magnifique WE: decouverte de la ville, superbe bbq (la specialité locale), bonne musique, match de NBA presque dans les loges, sport….Pas le temps de deprimer. Mais pour les locaux. Pfff.
C’est vraiment « l’autre Amerique ». Un peu flippant.
Allez, fin de ce long post avec quelques photos souvenirs
(Légende: Photo 1:BealeStreet: la rue emblématique, un peu beaucoup AmeliePoulanisée sur cette carte postale, suivi de Photo 2: quelques rouflaquettes bonus, Photo3: un brin de NBA et en Photo 4 un cliché du coté sexy de Memphis…)
Prochaine etape: Detroit, New Orleans ou Boston. Votez pour le reportage de votre choix!



